iode

Iode et alimentation

Plusieurs groupes de population, en Norvège, comme dans de nombreux autres pays, ont des apports alimentaires insuffisants en iode.

L’iode est un nutriment essentiel, indispensable à la formation des hormones thyroïdiennes. Celles-ci jouent un rôle fondamental dans le développement cérébral du fœtus mais aussi dans les processus métaboliques de l’organisme tout au long de la vie.

Différents rapports d’études font état de statut en iode inadaptés dans de nombreux pays européens. Ainsi, en France, les apports en iode se situent en dessous des apports recommandés pour les populations adultes. De plus, les femmes de tous âges sont plus exposées que les hommes. Les apports en iode sont faibles chez les personnes de plus de 70 ans et diminuent parallèlement à la baisse des apports énergétiques.

Iode, des besoins accrus pendant la grossesse
Les besoins en iode sont augmentés au cours de la grossesse (200 µg par 24 heures) en raison d’une augmentation de son élimination par les reins. Dans le même temps, au-delà de 18-20 semaines de grossesse, chez le fœtus, un pool iodé intra-thyroïdien se constitue. Il est, en effet, indispensable pour que sa thyroïde puisse synthétiser des hormones thyroïdiennes. Jusqu’à la 14e ou 18e semaine, le développement et la maturation du cerveau du fœtus dépendent totalement du bon transfert des hormones thyroïdiennes de la mère, en attendant que la thyroïde fœtale soit fonctionnelle. Les déficiences observées chez les femmes enceintes peuvent compromettre le bon fonctionnement de la thyroïde avec pour conséquences possibles, un transfert insuffisant d’hormones thyroïdiennes vers le fœtus et des anomalies dans le développement neurologique et psychomoteur du nouveau-né.

Iode : il existe relativement peu de sources alimentaires
La majeure partie des aliments, en dehors de ceux issus de la mer, ne contiennent que très peu d’iode. On retrouve les concentrations en iode les plus élevées dans les huîtres, les moules, les crevettes, les homards, les langoustes et les poissons d’eau de mer. Le lait et les produits laitiers ainsi que les œufs sont devenus, dans les pays industrialisés, des sources d’iode en raison de l’utilisation de compléments alimentaires riches en iode et/ou de la contamination de la chaine alimentaire par des substances iodées.

Iode, des apports insuffisants dans des sous-groupes de population
Une étude croisée a évalué, sur des sous-groupes de population norvégienne, la concentration urinaire en iode ainsi que la probabilité d’un apport en iode adapté. Les sous-groupes ont été définis en fonction de l’âge, de la condition de vie et d’habitudes alimentaires végétariennes.

Deux-cent soixante-seize participants ont été enrôlés dans cette étude. Ils incluaient des enfants, des adolescents, des adultes, des personnes âgées, des femmes enceintes, des végétariens et des vegans.

Les résultats montrent, en appliquant les critères d’évaluation définis par l’Organisation mondiale de la santé, que les personnes âgées, les femmes enceintes, les vegans et les femmes en âge de procréer non enceinte avaient des niveaux d’iode insuffisants. Les enfants avaient les niveaux les plus élevés et les vegans les plus faibles. Ils suggèrent que l’alimentation ne suffit pas à satisfaire les besoins en iode de tous les groupes de population. L’utilisation de compléments alimentaires apportant de l’iode semble nécessaire pour atteindre les niveaux recommandés chez les vegans et chez les personnes qui ne parviennent pas à avoir des apports suffisants avec la seule alimentation.

>> Source

Brantsaeter AL et al. Inadequate iodine intake in population groups defined by age, life stage and vegetarian dietary practice in a Norwegian convenience sample. Nutrients 2018, 10, 230.

Brigitte Karleskind, rédactrice en chef

2 mars 2019

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