Baies rouges, agrumes et risque cardiovasculaire au masculin

Une consommation élevée d’anthocyanines, présentes notamment dans les baies rouges, diminuerait chez l’homme le risque d’infarctus du myocarde tandis que celle de flavanones que l’on trouve dans les agrumes réduirait celui d’accident vasculaire cérébral.

Des données récentes suggèrent que la consommation de fruits est le troisième facteur de risque modifiable pour réduire le risque de maladie non contagieuse, après l’hypertension et le tabagisme.

Mais tous les fruits ne sont pas associés de la même façon à la santé. Des données prospectives fournissent des preuves suggérant qu’une consommation importante de certains fruits incluant le raisin et les myrtilles pourrait réduire le risque de diabète de type II et d’autres soulignent les effets bénéfiques de certains flavonoïdes présents dans des fruits sur le fonctionnement endothélial, la pression sanguine et la sensibilité à l’insuline. Ces flavonoïdes peuvent être des principes actifs importants de fruits capables de diminuer le risque cardiovasculaire.

On savait déjà qu’une consommation régulière de flavonoïdes (une famille de puissants antioxydants), plus spécifiquement d’anthocyanines et de flavanones, était associée chez les femmes à une diminution du risque cardiovasculaire. Mais il n’existait pas jusqu’à présent de données comparables chez les hommes.

On trouve les anthocyanines dans les baies rouges et violettes comme les cerises, les framboises, le raisin noir, les myrtilles, les mûres ou les prunes comme les quetsches. On trouve les flavanones presque exclusivement dans les agrumes. Ainsi, une orange en contient jusqu’à 0,5 grammes ce qui est dix fois plus élevé que la teneur du fruit en vitamine C. On trouve également les anthocyanines et les flavanones dans des compléments alimentaires.

Une étude[1] a inclus 43 880 hommes en bonne santé n’ayant pas fait l’objet d’un diagnostic de maladie cardiovasculaire ou de cancer jusqu’à leur enrôlement dans l’étude de suivi des professionnels de santé qui a intégré 51 529 hommes en 1986. Les réponses à des questionnaires alimentaires tous les quatre ans ont débuté en 1986 et comprenaient une évaluation de la consommation de flavonoïdes incluant les anthocyanines et les flavanones.

Au cours des 24 années de suivi, 1 824 infarctus mortels et 2 222 non mortels ainsi que 901 accidents vasculaires cérébraux ischémiques et 671 non-ischémiques se sont produits. Les hommes dont la consommation d’anthocyanines était située parmi les 20 % supérieures avaient un risque d’infarctus non mortel 13 % plus faible que ceux dont la consommation se situait dans les 20 % plus faible. Les hommes dont la consommation de flavanones était dans le cinquième supérieur avaient un risque d’accident vasculaire cérébral 22 % plus faible. Cet effet protecteur était plus prononcé chez les hommes de plus de 65 ans.

Ces résultats suggèrent que les principes actifs présents dans les agrumes et dans les baies rouges et violettes consommées couramment dans l’alimentation quotidienne pourraient être associés chez les hommes à un plus faible risque cardiovasculaire.

[1] Cassidy A. et al. Habitual intake of anthocyanins and flavanones and risk of cardiovascular disease in men. AJCN 2016, Aug 3, published ahead of print doi :3945/ajcn.116.133132.

 

Brigitte Karleskind, rédactrice en chef

 

2 décembre 2018

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