Ginseng et infections hivernales

Plusieurs études suggèrent que la prise de ginseng aide à renforcer le système immunitaire et, ainsi, à mieux résister aux virus responsables des rhumes, grippes, bronchites… fréquents pendant les mois d’hiver.

Le ginseng ou Panax ginseng C.A. Meyer est traditionnellement utilisé en Orient comme plante médicinale depuis plus de 4 000 ans. Le mot ginseng provient de Jin (gin) qui signifie homme et de Chen (seng) qui veut dire créature. C’est une plante herbacée que l’on trouve notamment au Canada, aux Etats-Unis, au Japon et en Chine. Mais c’est seulement dans certaines régions de Corée et de Mandchourie qu’elle se développe vraiment de façon optimale.

Le ginseng est cultivé en Corée depuis plus d’un demi-siècle alors qu’il n’est apparu aux Etats-Unis qu’à la fin du 19ème siècle. Il ne parvient en Europe que vers le Moyen-Age et n’attire pas l’attention des Français avant le 17ème siècle. A cette époque, il est utilisé par de nombreux médecins comme remède pour soigner les maux les plus divers. Au 19ème siècle, le ginseng fait son entrée dans la pharmacopée française sous le nom de Panax ginseng C.A. Meyer (Meyer étant le nom du premier botaniste à l’avoir décrit).

Vers 1920, en Russie, au Japon et en Corée, des scientifiques commencent à s’intéresser au ginseng et à l’étudier scientifiquement. Mais c’est seulement depuis ces 35 dernières années que le ginseng a vraiment retenu l’attention des chercheurs occidentaux et plus de 70 études scientifiques portant sur plus de 3 000 sujets ont déjà été publiées.

Une étude[1] a examiné l’effet d’un extrait de ginseng coréen sur la survie cellulaire, sur l’expression des cytokines, des cellules inflammatoires, et sur le stress oxydant cellulaire sur des cellules épithéliales humaines infectées par un virus de la grippe. Les chercheurs ont également évalué le potentiel immunomodulateur de la prise par voie orale d’un extrait de ginseng chez des souris infectées par un virus de la grippe.

Dans l’étude cellulaire, l’extrait de ginseng a amélioré la survie des cellules épithéliales pulmonaires humaines infectées par le virus, il a réduit l’expression des cytokines responsables de l’inflammation. La prise de l’extrait de ginseng par voie orale sur une longue période avant l’infection a renforcé le système immunitaire des souris. Elle a également réduit le nombre des cellules inflammatoires qui se sont développées dans leurs voies bronchiques avec l’infection. Ce dernier point est particulièrement important parce chez l’homme la sévérité des maladies respiratoires provoquées par des infections virales est associée à une production importante de cytokines pro-inflammatoires.

Une autre étude[2] a regardé si la prise de ginseng coréen pouvait aider à prévenir les infections respiratoires. Cent personnes en bonne santé n’ayant pas reçu de vaccin contre la grippe ont été enrôlées dans cet essai clinique randomisé et en double aveugle. Elles ont reçu pendant trois semaines un gramme d’extrait de ginseng trois fois par jour ou un placebo. Les résultats ont montré une fréquence significativement plus faible des infections respiratoires dans le groupe ayant reçu l’extrait de ginseng par rapport à celui ayant pris un placebo. Lorsque des sujets ayant pris l’extrait de ginseng ont eu une infection respiratoires, la durée et l’intensité des symptômes ont été plus faibles.

Les chercheurs concluent de ces résultats que l’extrait de ginseng coréen a un effet protecteur contre les infections respiratoires et pourrait diminuer la durée et l’importance des symptômes. Ils pensent cependant que d’autres études doivent être réalisées pour confirmer ces résultats.

[1] Jong Seop Lee et al., Immunomodulatory activity of red ginseng against influenza virus infection. Nutrients 2014, 6 ;517-529
[2] Jong Seop Lee et al., Preventive effect of Korean Red Ginseng for acute respiratory illness : a randomized and double-blind trial. J Korean Med Sci 2012 Dec ; 27(12) : 1472-1478.

 

Brigitte Karleskind, rédactrice en chef

 

13 septembre 2017

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